Dem0iselle0jeanne

9 avril 2013

le printemps bleu

Classé dans : sensations — dem0iselle0jeanne @ 17 h 27 min

Elle est assise au milieu de la cuisine, le sol est tiède, la chaleur du soleil sèche les larmes qu’il y a encore sur son visage. Elle parcourt de ses mains sur le carrelage, elle lève la tête vers la fenêtre, elle y voit le bleu du ciel, c’est ce qu’il y a le plus dans l’encadrement de la fenêtre, de son point de vu il n’y a presque que ça, du bleu. La veille elle lisait que le bleu était très rare dans la nature, certaines civilisations donnent encore le même nom au bleu et au vert. La lumière bleue fait baisser la tension artérielle, elle ralentit le rythme cardiaque, elle ralentit la croissance des plantes. On a mis longtemps à en extraire, le premier pigment est extrait de la lazulite une pierre semi-précieuse, ça coûte cher de peindre en bleu, on s’en sert pour créer des œuvres spirituelles et des œuvres mélancoliques, le bleu est une couleur froide rare et triste.

Le voleur dans son rêve de la nuit dernière avait les yeux bleus.

Elle se lève, par la même fenêtre elle voit le jardin en fleurs.

C’est le printemps!

20 mars 2013

Admission

Classé dans : sensations — dem0iselle0jeanne @ 13 h 35 min

 

Mon père arrive tendu, me donne la lettre et ressort aussitôt de ma chambre.

Je vois mon nom et le nom de l’Université sur l’enveloppe.

Je l’ouvre, mes mains tremblent, je suis reçue, c’est écrit là, admission définitive.

Ce n’est que mon deuxième choix.

Je l’ai annoncé calmement à mes parents.

Je n’ai pas hurlé de joie.

Maintenant je peux dire « je pars à Montréal » et plus « si tout va bien je pars à Montréal ».

 

 

 

 

3 mars 2013

Il fait nuit

Classé dans : sensations — dem0iselle0jeanne @ 23 h 22 min

 

Il fait nuit, il y a des pleurs, l’enfant est assise dans son lit, elle sanglote. Elle la rassure, elle se rendort.

Il fait nuit, elle sort fumer.

Il fait nuit et une inquiétante sensation l’envahit.

Sensation d’avoir capté l’instant, mais qu’il s’échappe. Sa langue se crispe alors dans sa bouche, elle n’arrive plus à donner une forme aux phrases qu’elle  imagine, peut-elle seulement imaginer des mots qu’elle n’arrive pas à dire? Elle respire difficilement, sa crispation s’étend jusque dans sa poitrine en passant par la gorge. Elle est dans un état d’une telle confusion que dès qu’elle croit trouver le sens de ce qu’elle voit, de ce qu’elle a vu, elle s’aperçoit que ça a disparu, qu’autre chose est là à la place et elle sent une nouvelle forme, un nouveau mot qui  lui échappe encore trop tôt. La frustration serait infini si l’infini était perceptible. Une seule chose se fige; le vent qui souffle dans son cou. Il ressemble à la chaleur du souffle d’un homme aimant. C’est le printemps.

Il fait nuit pour le moment, juste pour le moment.

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