Dem0iselle0jeanne

8 avril 2013

regarde

Classé dans : pensées — dem0iselle0jeanne @ 13 h 02 min

 

Une bière à la main, une mauvaise bière, y’a pas moyen de trouver une bonne bière ici. Les rousses sont trop sucrées. Je parle, je ne sais même plus ce que je dis. Ce lieu m’agresse, tous les lieux m’agressent, aucun endroit ici ne me rappelle pas quelque chose. Je parle et je me rappelle, je perds constamment le fil de ce que je dis, les souvenirs se superposent à la conversation. La musique est entêtante, je regarde chaque visage et je me demande si je le connais, et si c’était lui? Non, ce soir il n’est pas là, encore une soirée de sursis. Je respire, ne pas oublier de respirer, prendre une gorgée, parler, attendre. Je regarde la porte, je sors fumer, je respire, je regarde autour de moi.

Je m’imprègne de ce lieu, j’attends de pouvoir en repartir. Bientôt.

9 mars 2013

Ma ville

Classé dans : pensées — dem0iselle0jeanne @ 11 h 05 min

 

Il fait beau et chaud, j’ai sorti les lunettes de soleil et les vestes légères.

Je marche et je me rappelle de vieux souvenirs tristes. A chaque coin de rue je me souviens. Tout n’est que souvenir. Chaque regard me rappelle une histoire vécue.

Il y a quelques années je regardais toujours la direction dans laquelle je n’allais pas, je regardais en direction de la gare parfois, et je rêvais de partir. Tout recommencer ailleurs, loin d’ici. Pourquoi? Je ne sais pas.

Je suis allée boire une bière pour la première fois avec mon père au Chantilly, O habitait en face du Royal, je regardais souvent sa fenêtre pour voir s’il y avait de la lumière. Un soir on est venu en bus de nuit au Shannon avec S, M, A-S, j’avais trop bu, eux aussi, on s’est disputé. On s’ennuyait souvent mais je ne sais pas pourquoi. On rêvait de plus, rien n’est jamais à la hauteur de nos attentes ici mais je ne sais pas pourquoi.

Les couleurs sont fades et les souvenirs nouent mon corps, chaque bar, chaque café, chaque restaurant où je suis allée, chaque rue, chaque ruelle que je prends me ramène à celle que je ne suis plus.

5 mars 2013

Nuit#1

Classé dans : pensées — dem0iselle0jeanne @ 15 h 02 min

J’ai regardé ce film qui s’appelle Nuit#1 et je me suis souvenue.

Je me suis souvenue de ce que ça voulait dire « se sentir comme une enveloppe vide, être en représentation ».  Je me suis souvenue lorsqu’elle parlait de respiration, de mauvaise respiration, je me suis souvenue de la fatigue, de ce que ça faisait de se débattre pour avoir la tête hors de l’eau, d’être fatigué de se débattre pour avoir à peine la tête hors de l’eau. De boire encore la tasse après avoir dépensé toute cette énergie pour respirer. Je me suis souvenue ce que ça voulait dire « être là sans être là » et je me suis demandée…

Je me suis demandée pourquoi. J’ai cette sensation qu’on est une génération libérée et triste. Il y a eu mai 68 et la révolution sexuelle, les années 80 qui sont allés un peu plus loin, d’autres sortes de drogues, un peu plus de hargne, les punks et le rock. Et puis nous. Nous on descend dans la rue mais plus personne ne nous entend, les facs vont devenir autonomes et personne ne s’en occupe, nous si on descend dans la rue pour nos droits ils trouveront d’autres travailleurs parce que ça ne manque pas les chômeurs. Nous qui écoutons toujours les Rolling stones, les clashs, les doors et d’autres encore. Nous qui regardons sans broncher les politiques renflouer les banques avec notre argent parce que ces connards ont abusé du système. Nous en pleine crise économique. Nous et toutes ces magnifiques nouvelles technologies, les prises de consciences écologiques, le choix de l’information, la liberté des femmes…

Nous qui nous épuisons dans cette abondance de sexe et de drogues que les générations antérieures nous ont laissé, on s’y épuise pour oublier et ça les arrange qu’on arrête de penser. Nous qui couchons parfois avec n’importe qui, parfois n’importe comment et qui partons le soir même sans dormir dans les bras de l’autre, manquerait plus que ça… Nous qui avons parfois ce sentiment que cette liberté manque de saveur; mais on la hurle et on lutte pour elle sans plus bien savoir ce que ça veut dire, être libre.

Nos prédécesseurs se battaient contre un système, pour d’autres valeurs. Ils ont détruit d’anciennes valeurs pour gagner en liberté mais celles qui étaient désuètes n’ont pas été remplacé par d’autres plus modernes, alors elles laissent un vide dans lequel on s’engouffre.

Je me suis souvenue de tout ça, j’ai souri, j’espère.

3 mars 2013

Femen

Classé dans : pensées — dem0iselle0jeanne @ 19 h 05 min

Le courrier international affiche en couverture cette semaine les Femens, la troisième génération féministe. J’ai feuilleté. Comment aborder le féminisme? Pourquoi le mot féministe est tellement associé à l’extrémisme? Comment trouver notre place dans un monde qui se désagrège? Il parait que l’identité masculine perd de sa consistance à cause de la nouvelle place des femmes dans le décor, surtout dans les pays émergents d’où la violence, en riposte. Comment affirmer nos égalités sans oublier nos différences, comment faire pour que nos différences ne prennent pas une tournure discriminatoire?

J’aime ces femmes qui se mettent seins nus. A l’âge de quinze ans je détestais mon frère, mon père et mes copains qui se mettaient torse nu quand ils avaient chaud alors que moi je ne pouvais retirer mon tee-shirt, même en soutien-gorge on m’aurait regardé de travers. Pourtant je mourrais d’envie de pouvoir faire comme eux. Elles le font et je me rappelle de ces jours d’été brûlants où je n’avais pas le droit d’agir comme eux car j’avais une poitrine. Je souris dès que je les vois afficher fièrement leurs seins.

Les femens sont belles, elles luttent pour nous, pour nos droits dans ce monde patriarcal, elles nous rappellent que tout est à faire dans certaines parties du monde, que nous avons encore du chemin à faire en occident. La lutte contre la violence faite au femmes est importante, tellement importante! Seulement je me demande comment prendre ce sujet si délicat qu’est notre égalité et nos différences…  Réclamer l’égalité sans perdre de vu nos différences, ne pas oublier que nous ne sommes pas pareil physiologiquement ce qui entraîne une différence psychologique.

Il est certain que l’arrêt de la violence contre les femmes est prioritaire, même si j’espère qu’une vision de la place des femmes dans notre société est là, planant quelque part, qu’un idéal harmonieux s’impose parfois à nous toutes (et tous) et que nous imaginons comment nous pourrions, hommes et femmes cohabiter avec plaisir.

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