Dem0iselle0jeanne

9 juillet 2013

MARAIS

Classé dans : poésies — dem0iselle0jeanne @ 18 h 31 min

 

Qu’est-ce que ce bruit?

L’ailleurs sonne

Bientôt la nuit

vient et donne

 

des formes

des sons

des noms

des larmes

 

et on entend

des pas

des rats

qui lentement

 

s’approchent de nous

dans la lumière

qu’on peut voir

à l’aube du tout

glacé, mon cher

amant noir…

 

Tu viens là,

près de moi

et tu t’étends

tout doucement

dans nos draps

bien trop froids.

 

Tu hantes nos souvenirs

que j’oublie

qui gèlent dans un sourire,

se délient.

 

Et oui je t’oublie

et oui je souris

ou alors, je crie?

18 juin 2013

absence

Classé dans : poésies — dem0iselle0jeanne @ 16 h 08 min

 

Ton absence crispante

paralyse mon esprit

et ta présence glaçante

m’agace puis m’atrophie.

 

L’ombre de mes traces

traîne puis entasse

tous ces souvenirs

et les voient pourrir.

 

Je marche sur tes pas

cherchant ton ombre

et tu joues avec moi

toujours là, tu m’encombres.

21 avril 2013

bascule

Classé dans : poésies — dem0iselle0jeanne @ 20 h 55 min

 

Un sanglot

dans un sursaut

étouffé.

 

Un assaut

sans un mot

proféré.

 

Je me souviens

de ce que ça fait

de ne plus respirer.

 

C’est un ancien

tourment si parfait

qu’il a fait chavirer

 

le vide

dans le néant

le fluide

dans l’inconstant.

9 avril 2013

le printemps bleu

Classé dans : sensations — dem0iselle0jeanne @ 17 h 27 min

Elle est assise au milieu de la cuisine, le sol est tiède, la chaleur du soleil sèche les larmes qu’il y a encore sur son visage. Elle parcourt de ses mains sur le carrelage, elle lève la tête vers la fenêtre, elle y voit le bleu du ciel, c’est ce qu’il y a le plus dans l’encadrement de la fenêtre, de son point de vu il n’y a presque que ça, du bleu. La veille elle lisait que le bleu était très rare dans la nature, certaines civilisations donnent encore le même nom au bleu et au vert. La lumière bleue fait baisser la tension artérielle, elle ralentit le rythme cardiaque, elle ralentit la croissance des plantes. On a mis longtemps à en extraire, le premier pigment est extrait de la lazulite une pierre semi-précieuse, ça coûte cher de peindre en bleu, on s’en sert pour créer des œuvres spirituelles et des œuvres mélancoliques, le bleu est une couleur froide rare et triste.

Le voleur dans son rêve de la nuit dernière avait les yeux bleus.

Elle se lève, par la même fenêtre elle voit le jardin en fleurs.

C’est le printemps!

8 avril 2013

regarde

Classé dans : pensées — dem0iselle0jeanne @ 13 h 02 min

 

Une bière à la main, une mauvaise bière, y’a pas moyen de trouver une bonne bière ici. Les rousses sont trop sucrées. Je parle, je ne sais même plus ce que je dis. Ce lieu m’agresse, tous les lieux m’agressent, aucun endroit ici ne me rappelle pas quelque chose. Je parle et je me rappelle, je perds constamment le fil de ce que je dis, les souvenirs se superposent à la conversation. La musique est entêtante, je regarde chaque visage et je me demande si je le connais, et si c’était lui? Non, ce soir il n’est pas là, encore une soirée de sursis. Je respire, ne pas oublier de respirer, prendre une gorgée, parler, attendre. Je regarde la porte, je sors fumer, je respire, je regarde autour de moi.

Je m’imprègne de ce lieu, j’attends de pouvoir en repartir. Bientôt.

20 mars 2013

là bas

Classé dans : poésies — dem0iselle0jeanne @ 14 h 07 min

Il me voyait

Et moi aussi

Il me disait

Et moi aussi

 

Et l’autre ne voulait pas

me voir, je n’existais pas.

Ô tristess(e)!  J’y ai perdu

la vue, l’autre a disparu.

 

Il reste ici

tout près de moi.

Je pars d’ici

lui avec moi

 

L’autre est devenu

une absence.

L’autre a revêtu

ma démence.

 

 

Admission

Classé dans : sensations — dem0iselle0jeanne @ 13 h 35 min

 

Mon père arrive tendu, me donne la lettre et ressort aussitôt de ma chambre.

Je vois mon nom et le nom de l’Université sur l’enveloppe.

Je l’ouvre, mes mains tremblent, je suis reçue, c’est écrit là, admission définitive.

Ce n’est que mon deuxième choix.

Je l’ai annoncé calmement à mes parents.

Je n’ai pas hurlé de joie.

Maintenant je peux dire « je pars à Montréal » et plus « si tout va bien je pars à Montréal ».

 

 

 

 

9 mars 2013

Ma ville

Classé dans : pensées — dem0iselle0jeanne @ 11 h 05 min

 

Il fait beau et chaud, j’ai sorti les lunettes de soleil et les vestes légères.

Je marche et je me rappelle de vieux souvenirs tristes. A chaque coin de rue je me souviens. Tout n’est que souvenir. Chaque regard me rappelle une histoire vécue.

Il y a quelques années je regardais toujours la direction dans laquelle je n’allais pas, je regardais en direction de la gare parfois, et je rêvais de partir. Tout recommencer ailleurs, loin d’ici. Pourquoi? Je ne sais pas.

Je suis allée boire une bière pour la première fois avec mon père au Chantilly, O habitait en face du Royal, je regardais souvent sa fenêtre pour voir s’il y avait de la lumière. Un soir on est venu en bus de nuit au Shannon avec S, M, A-S, j’avais trop bu, eux aussi, on s’est disputé. On s’ennuyait souvent mais je ne sais pas pourquoi. On rêvait de plus, rien n’est jamais à la hauteur de nos attentes ici mais je ne sais pas pourquoi.

Les couleurs sont fades et les souvenirs nouent mon corps, chaque bar, chaque café, chaque restaurant où je suis allée, chaque rue, chaque ruelle que je prends me ramène à celle que je ne suis plus.

5 mars 2013

Nuit#1

Classé dans : pensées — dem0iselle0jeanne @ 15 h 02 min

J’ai regardé ce film qui s’appelle Nuit#1 et je me suis souvenue.

Je me suis souvenue de ce que ça voulait dire « se sentir comme une enveloppe vide, être en représentation ».  Je me suis souvenue lorsqu’elle parlait de respiration, de mauvaise respiration, je me suis souvenue de la fatigue, de ce que ça faisait de se débattre pour avoir la tête hors de l’eau, d’être fatigué de se débattre pour avoir à peine la tête hors de l’eau. De boire encore la tasse après avoir dépensé toute cette énergie pour respirer. Je me suis souvenue ce que ça voulait dire « être là sans être là » et je me suis demandée…

Je me suis demandée pourquoi. J’ai cette sensation qu’on est une génération libérée et triste. Il y a eu mai 68 et la révolution sexuelle, les années 80 qui sont allés un peu plus loin, d’autres sortes de drogues, un peu plus de hargne, les punks et le rock. Et puis nous. Nous on descend dans la rue mais plus personne ne nous entend, les facs vont devenir autonomes et personne ne s’en occupe, nous si on descend dans la rue pour nos droits ils trouveront d’autres travailleurs parce que ça ne manque pas les chômeurs. Nous qui écoutons toujours les Rolling stones, les clashs, les doors et d’autres encore. Nous qui regardons sans broncher les politiques renflouer les banques avec notre argent parce que ces connards ont abusé du système. Nous en pleine crise économique. Nous et toutes ces magnifiques nouvelles technologies, les prises de consciences écologiques, le choix de l’information, la liberté des femmes…

Nous qui nous épuisons dans cette abondance de sexe et de drogues que les générations antérieures nous ont laissé, on s’y épuise pour oublier et ça les arrange qu’on arrête de penser. Nous qui couchons parfois avec n’importe qui, parfois n’importe comment et qui partons le soir même sans dormir dans les bras de l’autre, manquerait plus que ça… Nous qui avons parfois ce sentiment que cette liberté manque de saveur; mais on la hurle et on lutte pour elle sans plus bien savoir ce que ça veut dire, être libre.

Nos prédécesseurs se battaient contre un système, pour d’autres valeurs. Ils ont détruit d’anciennes valeurs pour gagner en liberté mais celles qui étaient désuètes n’ont pas été remplacé par d’autres plus modernes, alors elles laissent un vide dans lequel on s’engouffre.

Je me suis souvenue de tout ça, j’ai souri, j’espère.

3 mars 2013

Il fait nuit

Classé dans : sensations — dem0iselle0jeanne @ 23 h 22 min

 

Il fait nuit, il y a des pleurs, l’enfant est assise dans son lit, elle sanglote. Elle la rassure, elle se rendort.

Il fait nuit, elle sort fumer.

Il fait nuit et une inquiétante sensation l’envahit.

Sensation d’avoir capté l’instant, mais qu’il s’échappe. Sa langue se crispe alors dans sa bouche, elle n’arrive plus à donner une forme aux phrases qu’elle  imagine, peut-elle seulement imaginer des mots qu’elle n’arrive pas à dire? Elle respire difficilement, sa crispation s’étend jusque dans sa poitrine en passant par la gorge. Elle est dans un état d’une telle confusion que dès qu’elle croit trouver le sens de ce qu’elle voit, de ce qu’elle a vu, elle s’aperçoit que ça a disparu, qu’autre chose est là à la place et elle sent une nouvelle forme, un nouveau mot qui  lui échappe encore trop tôt. La frustration serait infini si l’infini était perceptible. Une seule chose se fige; le vent qui souffle dans son cou. Il ressemble à la chaleur du souffle d’un homme aimant. C’est le printemps.

Il fait nuit pour le moment, juste pour le moment.

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